Paroles Positives

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Archive for octobre, 2009

Bouquets de rêves

Auteur : Nadia Ghalem

Comme des marchands de ballons, les humains se promènent avec des rêves plus ou moins clandestins.

À quoi rêvent les petites filles ?  À devenir princesse, à piloter une fusée ou voler au secours des populations démunies (?)

À quoi rêvent les petits garçons ? À devenir chef pour combattre les méchants et les bandits, à devenir docteur ou à piloter une fusée.

Devenus adultes pour affronter ou fuir la réalité, nous nous promenons avec ces bouquets de ballons légers et colorés mais invisibles.

Voici ce qu’en dit Henri Laborit [1] dans le film « Mon oncle d’Amérique » d’Alain Resnais… :

« La fonction du système nerveux consiste essentiellement dans la possibilité qu’il donne à un organisme d’agir, de réaliser son  autonomie motrice par rapport à l’environnement, de telle façon que la structure de cet organisme soit conservée ».

La motivation fondamentale des êtres vivants semble être le maintien  de leur structure organique. Mais elle dépendra soit de pulsions, en      réponse à des besoins fondamentaux, soit de besoins acquis par  apprentissage.

Avec le cortex, on accède à l’anticipation, à partir de l’expérience mémorisée des actes gratifiants ou nociceptifs, et à l’élaboration  d’une stratégie capable de les satisfaire ou de les éviter   respectivement » .

Du côté de la littérature, un vieux conte chinois, rapporté entre autres, par Marguerite Yourcenar[2] , illustre ce propos, le voici,  en résumé :

L’empereur est sorti pour la première fois de son palais. Il a vu le monde.  Il convoque aussitôt le peintre officiel et lui dit :

-Tu m’as trompé, tu m’as montré le monde plus beau qu’il n’est enréalité.  Tu dois mourir.

Le peintre répondit :

-Sire, laissez-moi peindre une dernière toile.

Permission accordée.

L’artiste peint le ciel, la mer, un voilier… Il saute dans le voilier et s’enfuit.

C’est ce que font parfois des gens en se réfugiant dans l’imaginaire, la créativité pour fuir un quotidien ennuyeux, difficile ou l’agression des autres (les jeunes Algériens parlent de « hogra » : un ensemble d’arrogance, de mépris, d’agressivité en silence pratiqué et imposé qui dépersonnalise et réprime toute possibilité de réponse).

Voici ce qu’en dit le grand poète arabe Abou El Ala El Maari [3] :

« qatilou el jismi methoumoun bi fi’latihi ou qatilou el rouhi lem yadri bihi el bachari » . (Je cite de mémoire)

Traduction libre : « L’assassin du corps  est accusé pour son acte et l’assassin de l’âme est ignoré du peuple »

Alors, quelques  bouquets de rêves ?  Pourquoi pas.


[1] Henri Labori (1914-1995) est un éminent médecin et chercheur français né à Hanoi (Indochine). Il est à l’origine de plusieurs inventions médicales dont le « largactil » dont on se sert encore aujourd’hui pour soulager les symptômes de la schizophrénie.

[2] Marguerite Yourcenar, Nouvelles orientales, L’imaginaire Gallimard, 1963

[3] Aboul Alaa El-Maari (973-1057)

J’ai failli égarer Dieu

Auteur : Aziz Fares

La préface de mon nouveau livre » J’ai failli egarer Dieu » (edit Mille Feuilles, Alger) est signée Mustapha Benfodil, ecrivain, journaliste. En voici quelques extraits.

…En parcourant le livre de Aziz Farès, on ne peut qu’être pris d’un vertige devant ce flot impressionnant de réflexions qui résonnent telles des pépites de sagesse cueillies dans un fouillis de questionnements plus pertinents les uns que les autres. Bribes de vérités glanées dans la grande tradition mystico-philosophique, recoupant en une formidable intertextualité les traités des plus grands moralistes, maîtres soufis et autres philosophes et exégètes…..

…L’énigme est de taille et pour la résoudre, Aziz Farès en appelle à la contemplation mystique, aux trésors de la tradition biblique, au savoir gnostique, à la science profane également, à la psychanalyse (Freud, Alice Miller…), sans oublier l’apport du génie littéraire (Proust, Shakespeare, Malcolm de Chazal…), le tout mixé, macéré, malaxé dans un extraordinaire creuset syncrétique, et servi par une prose ciselée de très haute facture…

…L’écriture de Aziz Farès affleure avec grâce des tréfonds de la nuit humaine pour nous tirer vers le sublime, pour nous faire prendre l’ascenseur transcendantal, partant à l’exploration du territoire métaphysique, en frappant sans trembler à la porte de l’absolu. Nous sommes dans le diwan du doute, sur les traces du Caché, à l’affût du Sens premier…

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