Paroles Positives

Tout ce dont vous avez besoin est déjà en vous !

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Il y avait un jardin…

Auteur : Aziz Fares

J’ai lu avec un immense plaisir « un jardin dans la guerre », de Nadia Ghalem. Une belle écriture faite de sensibilité et d’émotion et un regard très particulier sur le monde et sur l’Algérie en particulier. J’ai aimé ce récit qui oscille entre la joie et la tristesse, le rêve et la réalité, le témoignage et la découverte.

Un beau moment passé dans un jardin, cette oasis de paix dans un monde en guerre.

« Le ciel étoilé d’Algérie c’est comme une symphonie qui enivre l’âme ». Tout est dit ou presque dans ces quelques mots que j’aurai, je l’avoue, tellement voulu écrire.

Et, sous ce ciel, j’ai fait un voyage à travers un monde autant imaginaire que réel. Un voyage dans lequel se mêlent souvenirs oubliés, douceur de l’enfance, espoirs secrets, interdits, mystérieux en retrouvant quelques photos jaunies mais emplies de tendresse.

Sous ce ciel étoilé, j’ai vu des enfants jouer, rire et pleurer, s’interroger, interroger les grands en posant de pertinentes questions.

Le sens de la vie, de la mort, de la guerre, de la paix. Et j’entends la voix qui se veut autoritaire mais si douce d’une tante qui veille, d’un grand père attentif, de parents affairés mais toujours disponibles et de ma grande sœur Zina si gentille qui me protège et qui m’apprend comment on peut grignoter des tiges de chardon…

Chère Zina, qui à peine arrivée dans ma vie est repartie dans ce ciel que j’observe, je contemple pour tenter de la retrouver.

Retrouver Zina, c’est retrouver Oran et la mer, Batna balayée par le souffle du Vent des Aurès et Tlemcen protégée par Sidi Boumedienne; c’est écouter en silence Amti me transporter dans les fabuleuses histoires de Shéhérazade. Sa maison sent l’encens et les fruits, quand on lui dit qu’on aime son odeur, elle répond : c’est parce que je cache du musc ici et elle indique le bas de sa gorge. C’est la famille, la mienne, mon père parti à la guerre et je pense que si je suis encore plus malade, il va revenir encore plus vite. Ma mère croit que je vais mourir mais elle est très fière de moi, même si elle se fâche car je parle trop. Comme tous les enfants.

Ah oui, je ne dois pas oublier Saida, sur les hauts plateaux, là ou le vent nous décoiffe en murmurant à nos oreilles.

A Saida je suis devenue aveugle à cause du trachome. C’était comme avoir du sable sous les paupières. Heureusement que j’ai été soignée et maintenant je vois.

Et je vois l’Algérie que j’aimais. Les agneaux si fragiles, les oliviers si fiers, et toutes les fleurs qui respirent de bonheur.

J’ai vraiment aimé ce voyage initiatique plein de tendresse que j’ai pu partager avec Khadidja, petite fille qui vivait dans un jardin tranquille à l’abri de la haine. Le jardin de l’innocente enfance, loin du grondement de la guerre et du danger.

Un Jardin dans la guerre ; plus qu’une belle histoire : La vérité intacte.

Un Jardin dans la Guerre
De Nadia Ghalem
Jeunesse l’Harmattan
2009

Êtes-vous votre plus grand fan?

Auteur : ALAIN SAMSON

Êtes-vous humble de nature? Si oui, bravo!

L’humilité est une qualité qui nous évite de nous prendre pour un autre et de nous lancer dans des projets où nous ne serons pas à la hauteur. Remar­quez cependant qu’il y a humilité et humilité.

Beaucoup de gens se sont vu inculquer l’idée, en grandissant, qu’il fallait se sous-estimer pour être humble. En conséquence, ils se contentent aujour­d’hui de vivre en deçà de leur potentiel. Ils se refusent d’aspirer à la vie qu’ils mériteraient tout à fait.

Si vous vous reconnaissez, voici une bonne nouvelle : l’humilité doit être accompagnée d’une saine objectivité. Être humble, c’est apprendre à se voir tel qu’on est, sans se sous-estimer. C’est découvrir tous les talents qui se cachent en nous et c’est, dans la foulée de ces découvertes, apprendre à s’apprécier et à s’aimer. C’est devenir son plus grand fan. Quand on y arrive, notre perception du monde bascule. Au lieu de voir des problèmes, on voit des défis. Au lieu de refuser de se lancer dans un projet parce qu’il nous semble trop gros, on le prend bouchée par bouchée. Au lieu d’éviter les honneurs, on perçoit ceux-ci comme un juste retour des choses.

Exercice pratique
Prenez quelques instants aujourd’hui et, sur une feuille, dessinez un tableau ayant trois colonnes. Intitulez la première colonne «Mes accomplissements». Dans celle-ci, inscrivez tous les accomplissements dont vous êtes fier. Ne vous gênez pas; vous n’aurez pas à montrer cette liste à qui que ce soit. Inscrivez au moins 25 entrées.

Intitulez la deuxième colonne «Talents, qualités et compétences», puis, pour chacun de vos accomplissements, inscrivez ce qui vous a permis de l’atteindre. Décou­vrez les mille possibilités qui se cachent en vous. Bombez le torse. Soyez fier. Il ne vous reste plus qu’à intituler la troisième colon­ne «Projets futurs» et à vous demander tout ce qu’il vous reste à réaliser, compte tenu de tous ces talents, qualités et compétences qui vous habitent. Prenez votre temps. Ne vous contentez pas de cette vie où vous ne recourriez qu’à une partie de votre potentiel.

Et si, chemin faisant, vous doutez de certaines compétences, faites-les évaluer ou allez chercher la formation qui vous permettra de vous sentir à l’aise quand vous les utilisez. Je ne vous demande pas de vous enfler la tête et de vous prendre pour une autre personne. Je souhaite simplement que vous réalisiez à quel point vous êtes grand. Ensuite, vous pourrez laisser dans ce monde une empreinte à votre mesure.

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Pareils ou pas pareils ?

Auteur : Nadia Ghalem

Les gens qui travaillent avec des enfants ou les côtoient de près savent bien que ce petit peuple a ses propres critères, sa façon d’appréhender la réalité.  Bien souvent, nous avons oublié cette période de notre vie, à tort, nous aurions plus facilement tendresse et compassion pour nous-mêmes et pour nos moments de vulnérabilité.

 
Je ne sais comment la conversation d’aujourd’hui a dévié vers les différences entre garçons et filles. 
 

-J’aime pas les garçons, ils savent pas jouer, ils nous bousculent, ils nous font mal et ils veulent toujours courir. 
  

À côté d’elle, un petit à lunette baisse la tête, penaud, il semble chercher une réponse, elle vient d’un plus grand, plus sûr de lui : 
-C’est vous les filles qui ne savez pas jouer, vous voulez toujours parler entre filles et dès qu’on vous touche, vous partez à pleurer Oueh, on dirait que vous êtes en chocolat. 
 

Tout le monde se met à rire, ça détend l’atmosphère. L’éducateur dit : 
-C’est vrai, les filles et les garçons ne sont pas toujours pareils.

 
Je me souviens, au Parc, lorsque passe un camion de pompiers, tous les petits bonshommes arrêtent de jouer dans le carré de sable et se mettent à hurler et sauter en agitant les bras. Les filles, elles, continuent à bâtir leurs châteaux. On dit qu’elles ont très vite le sens de la compassion, qu’elles aiment aider. Les garçons sont plus compétitifs, ils aiment prouver leurs capacités, mais tout cela est bien schématique, Comme tout dans la nature humain, il y a bien des nuances…
Dans notre petit groupe, les filles parlent de leur famille, de ceux qu’elles aiment, les garçons semblent prévoir qu’ils auront bien des responsabilités plus tard comme connaître par cœur les marques d’autos, les noms des équipes sportives et deviner comment pensent les filles.
Les filles aussi envisagent qu’elles devront deviner comment pensent les garçons.
Les discussions vont bon train :
-Moi, dit un garçon, j’ai une blonde, elle est grande; elle a perdu beaucoup de dents, elle est jolie!

 
Sûr qu’à cet âge-là,  7 ou 8 ans, il y a des critères de beauté qui séduisent plus que d’autres…
Je me rapproche de ceux qui se tiennent à l’écart, par choix ou rejetés par le groupe.  Notre rôle consiste à faire participer tout le monde mais, ils parlent à voix basse :
-Moi, quand je serai grande, je ferai des bébés dans mon ventre !

 
-Et moi, dit le petit à lunettes en bégayant d’émotion, je ferai des super super matozoïdes.

 
L’éducateur et moi nous échangons un regard, nous voilà rassurés sur nos petits qui, malgré leur situation difficile semblent avoir des perspectives d’avenir…
Et bien sûr, l’on ne peut s’empêcher de penser à la merveilleuse chanson de Jaques Brel, un enfant :

Un enfant,
Ça écoute le merle
Qui dépose ses perles
Sur la portée du vent
Un enfant,
C’est le dernier poète
D’un monde qui s’entête
A vouloir devenir grand
Et ça demande si les nuages ont des ailes
Et ça s’inquiète d’une neige tombée
Et ça s’endort, de l’or sous les paupières
Et ça se doute qu’il n’y a plus de fées

Devenez un aimant humain

Auteur : ALAIN SAMSON

Alain Samson est auteur et conférencier.

 

Le professeur Wiseman a découvert que les gens chanceux sourient deux fois plus souvent, établissent plus de contacts visuels et adoptent trois fois plus souvent des postures ouvertes que les personnes malchanceuses.

Avez-vous remarqué qu’il y a des personnes qui attirent les gens et d’autres qui semblent les éloigner? Avez-vous remarqué qu’il y a des gens que vous évitez et d’autres par qui vous vous sentez attiré?

Cette capacité d’agir comme un aimant humain a des répercussions considérables pour ceux qui y arrivent. Quand ils sont confrontés à un problème ou quand ils cherchent à réaliser un rêve, ils semblent trouver comme par magie des gens qui ont les bons contacts, qui possèdent l’information qui leur manque ou qui peuvent les conseiller de bon cœur.

Les autres, faute de réseau, sont condamnés à répéter les erreurs maintes fois commises par les autres. Personne ne les aide et ils n’ont pas tendance à demander l’aide de qui que ce soit.

De quel côté préféreriez-vous vous trouver?

Il y a au Royaume-Uni un chercheur qui a tenté pendant des années de comprendre la différence entre les gens chanceux et malchanceux. Il a étudié des membres des deux groupes et a abondamment écrit sur eux.

Savez-vous ce qu’il a remarqué? Que les gens chanceux agissent comme des aimants humains parce qu’ils ont développé des comportements susceptibles d’attirer les gens.

Trois comportements

 
Et quels sont ces comportements? Je vous les présente aujourd’hui. Il y en a trois. Tellement simples que vous pouvez commencer à les utiliser dès aujourd’hui.

Premièrement, le Dr Wise­man a découvert que les personnes chanceuses sourient deux fois plus souvent que les personnes malchanceu­ses. Ce faisant, elles attirent les gens qui ont besoin d’aide et se construisent ainsi un capital de réciprocité qui incite les gens à leur renvoyer l’ascenseur à la première occasion. Elles se prémunissent ainsi contre les malheurs inévitables de la vie.

Deuxièmement, le Dr Wise­man a constaté que les personnes chanceuses adoptent trois fois plus souvent des postures ouvertes que des postures fermées. Décroisez donc les bras. Ne vous repliez pas sur vous-même. Ne vous enfoncez pas dans votre chaise. Sans le dire, simplement par le geste, démontrez que vous êtes réceptif.

Finalement, le Dr Wiseman a réalisé que les personnes chanceuses établissent plus de contacts visuels que leurs contreparties moins chanceuses. Pourquoi fermer les yeux ou détourner le regard alors qu’un bon contact visuel témoigne de votre disponibilité?

 Pour plus de détails, visitez le www.alainsamson.net.

Silence ! On tourne!

Auteur : Nadia Ghalem

Le voilà, le vingt et unième siècle : celui des hommes machines.

Je les appelle « machinisés ».  Ils sont jeunes, plus ou moins trente ans, ils ont devant la bouche un minuscule micro et sur l’Oreille, l’écouteur. De temps en temps, leur regard se fige, ils s’absentent, on sent qu’ils sont en communication avec un collègue, un chef de plateau ou le réalisateur.
Nous sommes en tournage pour un film ou pour une série télévisée, c’est la même chose… Ou presque.
Les techniciens évoluent comme des insectes sur une invisible toile d’araignée, ils n’ont pas droit à l’erreur.  Tout le monde est soumis à la minute à l’action, à la seconde et comme dans les peintures en abyme, il y a, à la fois comme un centre névralgique et un reflet, les acteurs.
Ce qui est remarquable, c’est que, comme à la NASA , chacun travaille au mieux de ses compétences, chacun est meilleur que lui-même, pas de compétition, ni d’empiètement.

Le jumelage des humains avec la technologie amène une vraie révolution comme à l’époque de l’industrialisation, lorsque les machines ont pu soulager les humains de la peine d’utiliser la force musculaire, voilà que les nouvelles technologies permettent au cerveau humain d’avoir des « prolongements » visuels, auditifs et surtout opérationnels comme ces arborescences qui permettent de refléter les opérations de l’intelligence qu’elle soit féminine  masculine ou d’origines diverses, en l’amplifiant, la rendant plus performante.
C’est ce que devraient comprendre les sociétés qui briment les femmes ou les minorités, se privant ainsi d’un capital d’évolution et de production absolument extraordinaire. 
Entre le calculi, la tablette d’argile du musée de Bagdad et nos ordinateurs, micros, caméras et autres machines électro techniques, il y a peut-être des milliers d’années mais surtout l’invention de l’électricité et la mondialisation de la communication qui a fait de nous des acteurs ou des techniciens sur l’immense toile de la communication planétaire dont le scénario nous échappe encore.
Mais, silence, on tourne le film de notre avenir.  Les machines seront ce que nous en ferons.
Je rêve pour ma part de l’utilisation de la force du vent et de l’énergie solaire port sortir des régions et populations défavorisées de leur isolement par l’instauration de centres de production et création technologiques.

On peut rêver que cette mondialisation de la communication ne laissera personne dans l’isolement, malgré les murs que les humains érigent entre eux : 
  
  
 
Voici ce que chantait jadis la grande musicienne et chanteuse Algérienne, Fadéla edziriya :

« Anaya barrani eghrib la mensal a3liya, nebki elmsa ma3a ellil ou edm3a mejriya. »
(Je suis étrangère, exilée, personne ne s’intéresse à moi. Je pleure nuit et jour , les lames s’écoulent)[1]

La culture Algérienne est émaillée de chants nostalgiques de l’éloignement, la séparation à cause de la géographie, les fractures sociologiques.
Ainsi certains Chaouias disent : « Nous sommes des sans papiers dans notre propre pays », et ils lancent dans leurs montagnes ces merveilleuses notes du chant de gorge et de cette trompette à la sonorité voilée, la  ghaïta.
Il y a aussi les enfants de l’Ouest  et d’Oran qu’interpelle la chanson d’Ahmed Wahbi[2] :

Ya elli mâchi lîha ghâdi
Wassi yatt’hallou fi blâdi
Ya elli mâchi lîha ghâdi
Wassi yatt’hallou fi blâdi
 
Toi qui va là-bas, recommande qu’on  prenne soin de ma ville, toi qui va là-bas, recommande qu’on en prenne soin.
 

Le futur, comme on le voit se présente sous d’autres hospices ; grâce aux nouvelles technologies de communications nous serons moins douloureusement étrangers les uns aux autres et aux pays qui nous ont donné le jour.
Nous serons comme les neurones de cet immense cerveau qu’est la planète
Terre.
Vous est-il jamais arrivé, bien installé dans la fabuleuse beauté du village de Sidi Bou Saïd en Tunisie de rêver à un jumelage avec la Casbah , ce nid de la mémoire de l’Algérie et Sidi Bou Médienne, des Joyaux sur Méditerranée pour le rêve et la beauté et pour que nous ne soyons plus jamais des étrangers.
 
 
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[1] Fadhéla Dziria  (1917-1970) – Grande cantatrice.
Née le 25 juin 1917 à Djenan Beït El Mel du côté de Notre Dame d’Afrique, à Alger, dans une famille conservatrice, Fadhéla Dziria, de son vrai nom Fadhéla Madani, est l’une des figures les plus marquantes de la chanson traditionnelle citadine dite Hawzi.
[2] Ahmed Wahbi, de son vrai nom Ahmed Driche, est un chanteur algérien et l’un des fondateurs avec Blaoui Houari du style musical El Asri, un genre influencé par la musique arabe et les rythmes et le langage poétique oranais. Né à Marseille en 1921 décédé à Alger en 1993

Pour l’amour de l’art

Auteur : Nadia Ghalem

Lorsque l’on assiste à un spectacle, on n’imagine pas tout le travail qui a mené  à la performance. C’est  cela le but : donner au spectateur le sentiment qu’il assiste à quelque chose de spontané, improvisé. 

 C ‘est ce que fait James Thierée qui donne à voir de la poésie teintée d’humour, de la beauté en mouvement. Il est le petit fils de Charlie Chaplin; par l’allure et le geste, il ressemble à son illustre grand-père.  On peut trouver sur Internet des exemples de ses talents.

Assister à l’un de ses spectacles c’est, pour un temps, survoler la réalité et ses aléas et aller vers le monde enchanté de l’art si parfaitement maîtrisé du geste et de l’élégance.

L’impression que ce jeune artiste improvise les gestes et les expressions destinés à nous mener vers un monde plus réconfortant, plus beau. C’est de la séduction pure, de l’amour partagé avec des dizaines de personnes.  Ce qui illustre le mot de Félix Leclerc :

« Ce sont les artistes qui fixent la présence des beautés de ce monde, et ainsi élèvent et consolent l’homme. »

Lorsque l’on se sent démolis par les terribles violences d’ailleurs comme à Hassi Messaoud en Algérie.

Ces violences, ces vagues de haine contre des femmes parce que leur travail et leur indépendance provoquent de pauvres hères impuissants à les imiter, n’ont d’égal que la mentalité de ces hommes convaincus que les femmes leur sont inférieures, donc méprisables.

Lorsque l’on est démolis donc par les méchancetés du monde , il est des artistes qui donnent à la vie un parfum de grandeur et une lumineuse  beauté. 

Même aperçus un instant, une heure unique, quitte à ne plus les revoir jamais, les voilà qui ont changé notre vie comme un bon livre, une musique formidable, un bel amour partagé.

C’est ce que chantait Jacques Brel :

Quand on n’a que l’amour?

A s’offrir en partage?

Au jour du grand voyage?

Qu’est notre grand amour?

Quand on n’a que l’amour?

Mon amour toi et moi?

Pour qu’éclatent de joie?

Chaque heure et chaque jour?

Quand on n’a que l’amour?

Pour vivre nos promesses

Sans nulle autre richesse?

Que d’y croire toujours

 

Du Microbe au Cerf-volant

Auteur : Nadia Ghalem

Nous avons une réunion au sommet, des stratégies à établir, des plans à imaginer.

Les enfants malades sont comme des voyageurs qui se préoccupent davantage du parcours que des étapes ou des escales.

Entre deux piqûres, deux examens, deux traitements, on passe le temps, mais pas n’importe comment : On imagine des virus, des microbes et tout ce qu’on déteste, on écrit, on dessine et on les jette au feu. 

Pas un vrai feu, bien sûr, mais celui qu’on  imagine au milieu de la pièce. La recette me vient d’un livre où l’on décrit cette coutume japonaise pour se débarrasser de ce qui nous ennuie.

Une collègue  du Moyen-Orient, me dit mais c’est « s’ cher » (de la sorcellerie !) , aïe! Je ne savais pas.  Harry Potter n’a qu’à bien se tenir.

On apprend autre chose pour passer le temps : « La poudre de Perlimpinpin »  ou comment faire papillonner ses paupières comme au cinéma.  Ça donne lieu à des grimaces qui nous font mourir de rire. 

Si par hasard, vous voyez un enfant qui fait clignoter ses yeux en appelant un chat, un chien, en regardant un arbre ou une fleur, ne vous inquiétez pas, il fait de la magie, il jette de la poudre de Perimpinpîn.

Mais surtout, on passe en revue nos « troupes » , un petit aux cheveux aussi bruns que ses yeux dit :

-Mon père dit que j’ai des petits soldats dans mon corps pour me défendre, il dit que c’est les globules blancs.

Silence.

Je réponds :

Tu diras à ton papa que tu es un grand chef de globules blancs.

 Une petite au visage de poupée (elle a seulement quatre ans) me regarde et me dit en riant sans arrêt :

Tu me fais trop rire quand tu mets tes lunettes de grand-mère.

Je réponds :

Attends, moi aussi, je vais bien rire quand tu seras une grand-mère et que tu mettras des lunettes.

Elle ne se laisse pas démonter :

Mais enlève-les pour que je te vois comme il faut !

Bien sûr, des lunettes, c’est comme un masque…

Je quitte mes petits « sorciers » en me promettant, la prochaine fois de leur parler  des femmes et des hommes qui, dans les laboratoires mènent le combat pour la santé et dont on n’entend pas trop parler à la TV et aussi des cerf-volant, puis, je me souviens de quelques Haïku dont celui-ci :

                   « Retombé au sol

                                      le cerf-volant

          a égaré son âme »

C’est de Kubota Kuhonta (1881-1926)[1]


[1] Haïku,. Anthologie du poème court japonais, 240 p., Poésie Gallimard, nrf, 2002,

Nadia Ghalem est née à Oran en Algérie. Elle ne connaît pas Oran car elle a toujours voyagé… pour finalement s’installer à Montréal en 1965. Elle y réside depuis, après une adaptation difficile. Elle se perçoit comme un cocktail d’origines ethniques : Berbère, Arabe, Turque, bref méditerranéennes. Comme chercheure indépendante, elle travaille sur la psychanalyse et l’écriture de même que sur les études post-coloniales.  Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages:  Un jardin dans la guerre : Algérie,  La rose des sables
•Bibliographie
Introduction aux littératures francophones, en collaboration, Le Maghreb (Éditions Les Presses de l’Université de Montréal, 2004)
La Villa Désir (Éditions Guérin, 1987)
La nuit bleue (Éditions VLB, 1991)
L’Oiseau de fer, (Naaman, 1981)
Le Huron et le Huard, (Éditions du Trécarré, 1995)
La rose des sables (Éditions HMH, 1993)
Manon, la Nouvelle France (La marche des femmes, 2000)
Le message enregistré (Radio Canada, 1982)
Les chevaux sauvages (Éditions NG, 2002)
Exil (lion d’or en 1980)
Le Maghreb littéraire (Éditions La source, Toronto)

Alain Samson est auteur et conférencier.

J’ai eu la chance, récemment, d’assister à une conférence de Bill Marche­sin, l’auteur de L’extra­ordinaire puissance de l’attitude. Dans un premier temps, il nous a parlé de l’impact qu’a notre attitude sur les gens que nous croisons chaque jour. Sans reprendre son exemple, laissez-moi vous expliquer son propos.

Vous entrez au travail un matin en bougonnant parce que votre autobus était en retard. Quand l’agent de sécurité vous salue avec un superbe sourire, vous lui répondez bêtement qu’il n’y a aucune raison de pavoiser et que vous sourirez quand les transports en commun de Montréal auront de l’allure.

Sur le coup, vous venez de polluer son humeur et son sourire s’effondre. Arrive la responsable du télémarketing qui, habituée à un sourire à l’entrée, voit soudainement son humeur s’obscurcir en le croisant. Cette baisse d’humeur, elle va la transmettre à ses employés qui vont probablement causer de l’insatisfaction à leurs clients pendant tout l’avant-midi, à moins que ne se présente une personne capable de remonter l’humeur de tous ces gens.

Faire des vagues
Vous pensez peut-être que vos interactions négatives n’ont pas d’impact ou que leur impact se limite à l’effet qu’elles ont sur les gens que vous croisez personnellement. Mais votre impact est bien plus important que ça. Telle cette pierre lancée dans l’eau et qui provoque tant de vagues, chacun de vos gestes a un impact beaucoup plus important que vous ne le pensez.

Quand vous êtes bête, ce n’est pas uniquement les personnes que vous croisez qui encaissent, mais toutes les autres personnes qu’elles croisent par la suite. Vous rendez-vous compte de l’impact que vous avez? Imaginez que, comme une pierre jetée à l’eau, vous provoquez cinq vagues à la surface de l’eau. Combien de personnes seront influencées par votre mauvaise humeur ce matin? 1, 4, 10, 100? C’est fou, n’est-ce pas?

Renversons maintenant la situation et imaginons que vous vous présentiez au travail avec un sourire et que vous vous adressiez à cet agent de sécurité avec une bonne nouvelle ou un compliment bien senti. Quel impact aurez-vous sur tous ces gens qui, le jour, habitent le même immeuble que vous?

Imaginez maintenant qu’au lieu de limiter votre contact positif à l’agent de sécurité, vous décidiez d’en faire profiter tous ceux que vous rencontrerez aujour­d’hui. Quel impact aurez-vous alors? C’est fou : vous ris­quez d’aider votre organisation à battre des records de vente…

Alors, qu’allez-vous être aujourd’hui? Un catalyseur de succès ou un catalyseur d’échec? Vous avez ce pouvoir! N’est-ce pas fantastique. Décidez si vous torpillerez votre employeur ou si vous améliorerez le monde autour de vous. Vous avez ce pouvoir.

Pour plus de détails, visitez le www.alainsamson.net.

LA DAME DE MATANE

Auteur : Nadia Ghalem

Que faire quand on est bousculé dans sa vie ?
Rechercher la vengeance bien sûr, mais ce serait faire trop d’honneur à qui l’on méprise et surtout ne plus se reconnaître soi-même hors de cette personnalité que l’on a mis tant d’années et d’énergie à bâtir au plus près de la paix
quotidiennement pratiquée
.

Cette paix toujours rebâtie qui fait partie des valeurs léguées par les parents et par un peuple qui a su pendant des siècles résister aux vicissitudes du quotidien et qui a parfois pu surmonter ses peines pour se remettre au travail.
Mes outils : feuilleter follement, comme on cherche des bouffées d’oxygène, ces recueils de poèmes où le Marocain Abdelatif Laabi, l’Algérienne Anna Greki, le Tunisien Hédi Bouraoui, la Française Anna de Noailles, le Québécois Nelligan et tant d’autres ont semé des musiques et des mots jusqu’au beau José Acquelin encore vivant, Nadine Ltaief et tant d’autres, vivants ou morts qui ont semé leurs mots comme autant de petits cailloux pour montrer le chemin quand on est bousculé par la vie.
Et là-bas, loin dans le temps Massinissa qui fit l’unification de la Numidie et défendit Carthage. Plus près de nous, les femmes de Mascara qui ont envahit les rues de leur ville et ont marché comme des fourmis contre l’armée coloniale.
Pour se raisonner, retrouver le bonheur de chaque jour et accueillir dignement le printemps, voyager dans le temps ou dans l’espace, pourquoi pas ?
Un autobus, la nuit. Le chauffeur québécois qui rit gentiment quand je lui recommande de ne pas s’endormir au volant; nous avons 11 heures de route devant nous. Grosse secousse. Je me réveille en sursaut. Le chauffeur dit tout simplement : Un chevreuil sur la route, j’ai failli le frapper.

Les animaux sont désorientés par la présence envahissante des humains.

Matane, enfin, les gens sont aimables, pas compliqués.

La ville est tranquille, et la mer est là avec ses vaguelettes, le ciel qui libère le regard, les fous de bassan qui volent élégamment et plongent soudainement dans l’eau, comme des cailloux et ce gros rocher bien rond anormalement rond, je ne l’avais pas remarqué auparavant. La fatigue peut-être. J’en parle avec la réceptionniste de l’hôtel, elle me regarde comme les campagnards qui s’étonnent de l’ignorance de citadins : C’est une baleine! C’est rare qu’elles viennent si près du rivage.

 
Je l’ai vue, la première baleine de ma vie, je l’ai surnommée la Dame de Matane.

Je réponds prétentieusement : Elle est venue pour moi.

Je vais lui inventer une histoire. Elle m’a réconciliée avec moi-même, les braves humains qui m’entourent, les signes d’amitié, parfois à peine perceptibles, le paysage, tout. Je reviens de loin. Mon roman sera beau.

Nadia Ghalem

À propos de son dernier livre

Mouloud Belabdi – « J’ai failli égarer Dieu!» Le titre de prime abord, attire l’attention. Celle ou celui qui découvre votre livre en librairie, ne manquera certainement pas de le prendre en mains et de le feuilleter. L’affirmation s’adresse à qui?

Aziz Farès – C’est une affirmation certes, mais qui doit être comprise comme une interrogation. S’agit-il de Dieu au sens religieux et, dans ce cas, de quelle religion? Le titre, accrocheur, résume une pensée que je souhaite ouverte et large. Ou bien est-ce MOI qui m’égare? Où suis-je par rapport à MOI? C’est une quête philosophique et mystique qui replace l’individu au centre de sa réflexion.

M.B. – Même si nous pouvions perdre Dieu, Lui ne nous perd pas. Nous sommes dans sa Présence intégrale. Alors qu’est-ce que nous perdons en fin de compte? Qu’est-ce que nous pourrions éventuellement perdre? Nous perdre nous-même? Perdre nos illusions dans une vie, comme dirait Shakespeare, faite de bruit et de fureur et qui ne veut rien dire?

A.F. – Je ne suis pas un exégète pour définir Dieu, par définition indéfinissable. Il n’est pas question de perdre Dieu auquel nous sommes plus proches que nous le croyons pour paraphraser Cheikh el Alawi que je cite dans mon ouvrage. Nous sommes dans la recherche de la foi, en Soi.

M.B. – Dans votre livre, vous vous réclamez de plusieurs traditions spirituelles et littéraires. Comme le souligne Mustapha Benfodil, dans sa préface, « on ne peut qu’être pris d’un vertige devant ce flot impressionnant de réflexions qui résonnent telles des pépites de sagesse cueillies dans un fouillis de questionnements plus pertinents les uns que les autres. Bribes de vérités glanées dans la grande tradition mystico-philosophique.» Pour ceux qui ne sont pas au fait des grandes interrogations existentielles et des réponses apportées par ces mêmes traditions dont le soufisme considéré comme l’essence de l’Islam, que diriez-vous, sachant que toutes ces traditions se rejoignent dans leur finalité?

A.F. – Le soufisme, comme la kabbale, est une école de pensée. La finalité ne consiste pas seulement à trouver une réponse, mais à relancer un questionnement. Les portes sont devant nous, ouvertes ou fermées; tout dépend de notre capacité à accepter de les franchir.

M.B. – Écrivez-vous par inspiration ou faites-vous un plan de travail?

A.F. – L’inspiration est le moteur de ma réflexion. Tout inspire, tout m’inspire. Les gens, la lecture, l’appel à la prière, la méditation… Les idées sont là, à proximité et je tente de les saisir, de les comprendre. Ensuite, l’organisation pratique se met en place.

M.B. – Écrivez-vous en soirée? En matinée? Pendant la journée? Qu’est-ce qui vous inspire le plus?

A.F. – J’écris le matin, très tôt, au réveil. Et plus qu’un « réveil », il s’agit d’un « éveil ».

M.B. – D’autres projets d’écriture en vue?

A.F. – Je viens de finir un nouveau manuscrit consacré à des expériences vécues. Je le relis afin de me convaincre du bien fondé des mots et des idées que j’expose. Je travaille également sur un nouveau recueil consacré à des souvenirs personnels.

M.B. – Vos livres sont publiés aux éditions Mille-feuilles. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre relation avec l’éditeur?

A.F.- Sid Ali Sekheri est un libraire très compétent qui s’est lancé récemment dans « l’aventure de l’édition ». il a eu le courage d’éditer mes deux ouvrages « La Tangente Impossible » et « J’ai failli égarer Dieu ». Je dis courage, car il n’est pas évident de se risquer, de nos jours, à porter à bout de bras une réflexion philosophique, mystique, à la limite de l’ésotérisme.

Pour aller plus loin:
«J’ai failli égarer Dieu!» de Aziz Farès – Voyage au bout de l’intelligence par Anissa kendil du quotidien Le Jour d’Algérie
Publié par M.B. à l’adresse 2:57 PM 2 commentaires
Libellés : Aziz Farès, J’ai failli égarer Dieu, Littérature

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