Paroles Positives

Tout ce dont vous avez besoin est déjà en vous !

Archive for the ‘Inspiration’ Category

À propos de son dernier livre

Mouloud Belabdi – « J’ai failli égarer Dieu!» Le titre de prime abord, attire l’attention. Celle ou celui qui découvre votre livre en librairie, ne manquera certainement pas de le prendre en mains et de le feuilleter. L’affirmation s’adresse à qui?

Aziz Farès – C’est une affirmation certes, mais qui doit être comprise comme une interrogation. S’agit-il de Dieu au sens religieux et, dans ce cas, de quelle religion? Le titre, accrocheur, résume une pensée que je souhaite ouverte et large. Ou bien est-ce MOI qui m’égare? Où suis-je par rapport à MOI? C’est une quête philosophique et mystique qui replace l’individu au centre de sa réflexion.

M.B. – Même si nous pouvions perdre Dieu, Lui ne nous perd pas. Nous sommes dans sa Présence intégrale. Alors qu’est-ce que nous perdons en fin de compte? Qu’est-ce que nous pourrions éventuellement perdre? Nous perdre nous-même? Perdre nos illusions dans une vie, comme dirait Shakespeare, faite de bruit et de fureur et qui ne veut rien dire?

A.F. – Je ne suis pas un exégète pour définir Dieu, par définition indéfinissable. Il n’est pas question de perdre Dieu auquel nous sommes plus proches que nous le croyons pour paraphraser Cheikh el Alawi que je cite dans mon ouvrage. Nous sommes dans la recherche de la foi, en Soi.

M.B. – Dans votre livre, vous vous réclamez de plusieurs traditions spirituelles et littéraires. Comme le souligne Mustapha Benfodil, dans sa préface, « on ne peut qu’être pris d’un vertige devant ce flot impressionnant de réflexions qui résonnent telles des pépites de sagesse cueillies dans un fouillis de questionnements plus pertinents les uns que les autres. Bribes de vérités glanées dans la grande tradition mystico-philosophique.» Pour ceux qui ne sont pas au fait des grandes interrogations existentielles et des réponses apportées par ces mêmes traditions dont le soufisme considéré comme l’essence de l’Islam, que diriez-vous, sachant que toutes ces traditions se rejoignent dans leur finalité?

A.F. – Le soufisme, comme la kabbale, est une école de pensée. La finalité ne consiste pas seulement à trouver une réponse, mais à relancer un questionnement. Les portes sont devant nous, ouvertes ou fermées; tout dépend de notre capacité à accepter de les franchir.

M.B. – Écrivez-vous par inspiration ou faites-vous un plan de travail?

A.F. – L’inspiration est le moteur de ma réflexion. Tout inspire, tout m’inspire. Les gens, la lecture, l’appel à la prière, la méditation… Les idées sont là, à proximité et je tente de les saisir, de les comprendre. Ensuite, l’organisation pratique se met en place.

M.B. – Écrivez-vous en soirée? En matinée? Pendant la journée? Qu’est-ce qui vous inspire le plus?

A.F. – J’écris le matin, très tôt, au réveil. Et plus qu’un « réveil », il s’agit d’un « éveil ».

M.B. – D’autres projets d’écriture en vue?

A.F. – Je viens de finir un nouveau manuscrit consacré à des expériences vécues. Je le relis afin de me convaincre du bien fondé des mots et des idées que j’expose. Je travaille également sur un nouveau recueil consacré à des souvenirs personnels.

M.B. – Vos livres sont publiés aux éditions Mille-feuilles. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre relation avec l’éditeur?

A.F.- Sid Ali Sekheri est un libraire très compétent qui s’est lancé récemment dans « l’aventure de l’édition ». il a eu le courage d’éditer mes deux ouvrages « La Tangente Impossible » et « J’ai failli égarer Dieu ». Je dis courage, car il n’est pas évident de se risquer, de nos jours, à porter à bout de bras une réflexion philosophique, mystique, à la limite de l’ésotérisme.

Pour aller plus loin:
«J’ai failli égarer Dieu!» de Aziz Farès – Voyage au bout de l’intelligence par Anissa kendil du quotidien Le Jour d’Algérie
Publié par M.B. à l’adresse 2:57 PM 2 commentaires
Libellés : Aziz Farès, J’ai failli égarer Dieu, Littérature

Bouquets de rêves

Auteur : Nadia Ghalem

Comme des marchands de ballons, les humains se promènent avec des rêves plus ou moins clandestins.

À quoi rêvent les petites filles ?  À devenir princesse, à piloter une fusée ou voler au secours des populations démunies (?)

À quoi rêvent les petits garçons ? À devenir chef pour combattre les méchants et les bandits, à devenir docteur ou à piloter une fusée.

Devenus adultes pour affronter ou fuir la réalité, nous nous promenons avec ces bouquets de ballons légers et colorés mais invisibles.

Voici ce qu’en dit Henri Laborit [1] dans le film « Mon oncle d’Amérique » d’Alain Resnais… :

« La fonction du système nerveux consiste essentiellement dans la possibilité qu’il donne à un organisme d’agir, de réaliser son  autonomie motrice par rapport à l’environnement, de telle façon que la structure de cet organisme soit conservée ».

La motivation fondamentale des êtres vivants semble être le maintien  de leur structure organique. Mais elle dépendra soit de pulsions, en      réponse à des besoins fondamentaux, soit de besoins acquis par  apprentissage.

Avec le cortex, on accède à l’anticipation, à partir de l’expérience mémorisée des actes gratifiants ou nociceptifs, et à l’élaboration  d’une stratégie capable de les satisfaire ou de les éviter   respectivement » .

Du côté de la littérature, un vieux conte chinois, rapporté entre autres, par Marguerite Yourcenar[2] , illustre ce propos, le voici,  en résumé :

L’empereur est sorti pour la première fois de son palais. Il a vu le monde.  Il convoque aussitôt le peintre officiel et lui dit :

-Tu m’as trompé, tu m’as montré le monde plus beau qu’il n’est enréalité.  Tu dois mourir.

Le peintre répondit :

-Sire, laissez-moi peindre une dernière toile.

Permission accordée.

L’artiste peint le ciel, la mer, un voilier… Il saute dans le voilier et s’enfuit.

C’est ce que font parfois des gens en se réfugiant dans l’imaginaire, la créativité pour fuir un quotidien ennuyeux, difficile ou l’agression des autres (les jeunes Algériens parlent de « hogra » : un ensemble d’arrogance, de mépris, d’agressivité en silence pratiqué et imposé qui dépersonnalise et réprime toute possibilité de réponse).

Voici ce qu’en dit le grand poète arabe Abou El Ala El Maari [3] :

« qatilou el jismi methoumoun bi fi’latihi ou qatilou el rouhi lem yadri bihi el bachari » . (Je cite de mémoire)

Traduction libre : « L’assassin du corps  est accusé pour son acte et l’assassin de l’âme est ignoré du peuple »

Alors, quelques  bouquets de rêves ?  Pourquoi pas.


[1] Henri Labori (1914-1995) est un éminent médecin et chercheur français né à Hanoi (Indochine). Il est à l’origine de plusieurs inventions médicales dont le « largactil » dont on se sert encore aujourd’hui pour soulager les symptômes de la schizophrénie.

[2] Marguerite Yourcenar, Nouvelles orientales, L’imaginaire Gallimard, 1963

[3] Aboul Alaa El-Maari (973-1057)

Le Chasseur d’Etoiles

Auteur : Nadia Ghalem

À la question d’un enfant  » Est-ce que les étoiles meurent aussi ?  » Je me souviens d’avoir répondu, il y a quelques années, du haut de mon ignorance :
-mais non, jamais, elles sont là pour toujours.

Beaucoup de temps et bien des lectures plus tard, j’apprenais que ces merveilleuses petites lumières qui clignotent au-dessus de nos têtes et inspirent les poètes, peuvent exploser ou même imploser pour donner des trous noirs.

L’homme qui étudie ces derniers en est devenu le spécialiste.

Il est si gravement handicapé que l’on se demande comment il fait pour réfléchir et travailler encore.

 
Dès la première lecture de ses ouvrages, on ne peut s’empêcher de le suivre et de l’aimer précisément à cause de ses  » faiblesses « , sa vulnérabilité. Il est reconnu comme un génie de notre temps et on le compare à Isaac Newton et Albert Einstein.

 
 » Une brève histoire de temps, du Big-bang aux trous noirs  » , Stephen Hawking intrigue et fascine, que l’on soit d’accord ou pas avec ses théories.

 

On ne peut s’empêcher d’admirer l’effort de simplification et de vulgarisation qu’il fait pour rendre accessible au plus grand nombre, des données astrophysiques et cosmologiques extrêmement complexes.

 

Par-dessus ce corps abîmé par la maladie de Lou -Gehrig, il garde ce regard d’enfant qui interroge le Cosmos.

 
Chaque soir, en regardant le ciel clouté d’étoiles, on ne peut que réaliser combien ces beautés lointaines nous seraient hostiles si nous voulions y vivre et combien notre bonne vieille terre aussi vivante qu’un cerveau ou un cœur nous fait vivre, nous materne.

 

Combien nous sommes gâtés d’y trouver des fleurs et des fruits et les larges horizons des mers et des déserts.

 

Cette planète, notre maison, notre vaisseau que nous devrions nous appliquer à soigner tout en étant les plus bienveillants possible pour ses habitants, nos voisins et nos frères.

 

De nouveau le poète allemand Von Schiller :

 » Peuple des milliers d’étoiles qui rayonnent loin d’iciPar de-là les sombres voiles, frères vous chantiez aussiL’avenir sacré commence par un pur et vaste chœur
Frères tout ce monde immense n’est qu’un seul et même coeur

La Tangente vue par Mouloud Belabdi

Auteur : Mouloud Belabdi

Mon ami Aziz Farès avec qui j’ai partagé de belles années heureuses à Alger Chaîne III, la radio francophone algérienne, vient encore une fois de me surprendre avec la publication de son premier livre La Tangente impossible (1).

Surprendre est peut-être un verbe que je ne devrais pas employer. J’ai en effet lu et apprécié quelques pages de son livre avant publication. Et quand je dis premier livre, je devrais préciser, livre écrit.

Il a écrit en effet, de belles pages sonores à la radio qui resteront dans la mémoire de ceux, auditeurs, travailleurs, collègues de la Chaîne III qui l’ont écouté, rencontré, apprécié, suivi au fil des émissions.

Aziz Farès travaille avec les mots comme un sculpteur travaille avec la pierre brute dont on ne sait pas au départ, ce que ça va être tant que ce travail, au sens d’accouchement, n’a pas abouti.

Dans le cas de La Tangente impossible, c’est un travail de remémoration. Les souvenirs personnels retravaillés dans des méditations philosophiques et poétiques en constituent la trame.

Le livre est préfacé par Maître Miloud Brahimi, ancien président de la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme. Voici un extrait de cette préface que l’on retrouve dans la quatrième de couverture :

Grand animateur de Radio Alger chaîne III, qui avait accompagné et amplifié la démocratisation balbutiante entamée après Octobre 88, Aziz Farès a été contraint à l’exil comme nombre d’intellectuels algériens sommés de choisir entre la valise et le cercueil (…). Il faut imaginer Aziz Farès aux prises avec les mots, qui font sens ou n’en font pas, c’est sans importance. L’essentiel est de témoigner de l’humaine condition, sans fard ni complaisance, mais avec suffisamment de distance pour autoriser parfois, l’ironie sceptique d’un acteur sans illusion, mais avec l’ambition intacte de servir encore un peu, passionnément…

Avec La Tangente impossible, je peux affirmer qu’Aziz a entamé la construction d’une œuvre personnelle dont la trajectoire va se dessiner et se préciser au fur et mesure d’une évolution qui tire son levain de la vie même, telle que vécue, appréciée et, parfois, supportée.

C’est une réflexion en profondeur qui embrasse les contours de la mémoire dans le déploiement du temps.

MB

(1) La Tangente impossible, 183 pages, éditions Mille-Feuilles, Alger, 2009.

Liens:

La Tangente impossible de Aziz Fares par Nassira Belloula

Liberté : La Tangente Impossible de Aziz Farès

Graines de Douceur et de Tendresse

Auteur : Nadia Ghalem

La liberté d’expression est, les praticiens de l’image et du verbe le savent , bien difficile à doser selon les époques et les cultures, selon que l’on se confie lors d’un entretien privé ou que l’on décide de diffuser des mots, des images parfois, via l’audio-visuel, le Net, et le monde.  

 

 Mais il semble, actuellement, qu’il y ait plus de tolérance à la morosité et aux pulsions négatives qu’à l’enthousiasme et aux pulsions de vie.

 
Nous sommes toutes et tous assaillis de nouvelles catastrophiques des humains qui n’en finissent plus de souffrir de misères et de guerres, nous avons même droit à la mort en direct de ces jeunes qui ne demandaient qu’à aimer et vivre.

 

Pendant la guerre du Vietnam, toute une génération chantait avec les Beatles   All You Need Is Love

 

Adonis, le poète syro-libanais à qui l’on demandait comment il pouvait écrire des poèmes pendant que les conflits ravageaient son pays répondait :
« Mais c’est là que l’on a besoin de célébrer la beauté et l’amour, c’est l’utilité de la poésie »

 
Instinctivement  ou rationnellement, les humains  par souci de résilience ont mis en mots et en musique leur besoin d’espérer.
Pendant la guerre d’Algérie, circulait une berceuse : « Ne pleurez pas, mes petits, votre père va revenir » (La tebcou ya oulidati rahou babakoum jaï).

 

À l’autre bout du monde, le poète argentin  Atahualpa  Yupanqui, écrit dans une berceuse aussi : « Duerme , duerme, negrito que tu mama esta en el campo… trabajando y no le pagan »
Dors, dors, petit nègre, ta maman est au champs, travaillant sans qu’on la paye.

 
Chant de révolte et plainte d’une esclave, sous forme de mélodie d’amour pour endormir l’enfant qui s’en souviendra peut-être…

 

Et le dramaturge  français, Armand Gatti déclarait quant à lui : « J’ai toujours cru que, par la beauté des mots, on pouvait changer le monde ».

 

Une opinion que devait partager son ami algérien homme de lettres comme lui, Kateb Yacine.

C’est tellement merveilleux de s’aimer et se le dire comme l’on fait les Algériens lorsqu’ils ont envahi les rues de leur pays pour fêter la victoire de leur équipe de foot, et les Québécois qui ont fait de même récemment pour  célébrer la fête nationale avec le Fleurdelysé.

 
Rien n’est plus important que la joie et les sentiments positifs lorsque l’on tient compte de la brièveté de notre présence sur cette terre, chaque jour devrait être une chance, un cadeau qui s’ajoute à ceux qui l’ont précédé.

 

Il ne s’agit pas de dissimuler la tristesse ou la dépression sous un masque faussement serin ou joyeux, mais de prendre conscience du fait que nous sommes vivants et conscients et que l’estime et la compassion que nous éprouvons pour nous-mêmes peuvent bénéficier à ceux que nous aimons d’abord, et à ceux que nous côtoyons mais aussi à celles et ceux que nous pouvons rejoindre, ne serait-ce qu’en pensée.

 
Célébrer l’amitié ou l’amour en poésie ou en mots n’a rien d’indécent, d’irrespectueux ou d’irresponsable. Ce serait même une façon de participer, bien modestement, aux mutations du monde. 

Lorsque Jean Ferrat  chante Aragon avec ces mots , il ne dit pas autre chose que le fait de résister  de façon saine au mauvais temps:

« Comment croire, comment croire
Au pas pesant des soldats
Quand j’entends la chanson noire
De Don Pablo Neruda
 »

 

Mieux encore, pendant les années lyriques au Québec, alors que s’affirmait l’identité nationale, Pauline Julien chantait : « Ce soir j’ai l’âme à la tendresse, douce douce, tendre tendre…
…Pourtant nous savons que la vie est plus forte que la mort
Le désespoir a dit son dernier mot
 ».

 

Semer des graines de douceur et de tendresse pour les plus fragiles d’entre nous, pour les générations qui nous succèderont. Rêve ou utopie ?  Un bien joli programme en tout cas.
Pour finir, ces mots du poète allemand, Von Schiller, qui émaillent la neuvième symphonie de Beethoven :
« Dites-nous que la nature ne sera que joies et fleurs et que la cité future oubliera le temps des pleurs. »

Fascination géométrique pour une introspection psychologique

Les Arabes autrefois, avaient découvert grâce aux ombres, l’idée des tangentes (une longueur d’ombre à un moment de la journée ou des ombres calculés grâce à un bâton ou gnomon) mais ne nous enfonçons pas dans la géométrique et les mathématiques, mais plutôt dans l’introspection « tangente » d’Aziz Fares où il y a des impossibilités et des évasions ce qui nous renvoi à des questionnements et des interrogations.

Mais tout commence donc par une rumeur, une rumeur déferlante qui empoigne, qui nous renvois dos à dos avec nos fantômes et nos démons,  et cette route qui se dessine devant nous longiligne, fallait-il donc reprendre cette route ? « Cette route qui ne venait de nulle part et qui ne menait à rien. » pourtant, psychologiquement cette route mène bien quelque part, irrémédiablement vers soi, dira le narrateur de La tangente impossible,  parlait-il d’exil, de cet exil intérieur plus douloureux encore.

Il nous renvoi donc au bout du voyage vers nous, chacun revient vers lui-même, mais ce soi, ce moi profond est-il – ce nulle part- « je vous écris de nulle part » ceci dit, ce nulle part existe bien « Et, d’ailleurs comment pourrais-je vous dire où je suis ? Quand l’exil vous a pris dans sa barque emportée par la bourrasque qui fouette le visage et le corps » .

L’écriture ici se mêle pour devenir témoignage et témoin à la fois et le lecteur est pris en faute, celui d’être « l’écouteur » car ce qui va se passer est déjà en lui, fermentant et grondant.

La liberté, les mots doux, les mots amers, des souvenirs et des idées en sommes toute une vie, cette vie qui s’assemble dans ses pages et il s’agit finalement de se regarder en face,  mais « attention ! L’illusion est dangereuse quand on persiste à ignorer la réalité » averti le narrateur qui sait que cette réalité, la notre, celle que nous avons tous vécus est amère, elle est pleurs, morts, déchirures, éclatements….le narrateur nous ressemble, car nous aimerions tous taire nos états d’âmes, tourner le dos à nos démons.

Or, la déchirure est bien profonde en nous et la cicatrice tarde à venir. L’exil est apparu donc comme l’ultime solution, un choix douloureux mais l’enjeu était de taille, c’était celui de l’instinct de conservation.

Aziz Fares plante le décor de son récit nous sommes en plein de cette décennie noire qu’il ne nomme pas, qu’il ne prononce pas mais elle est là, sombre et effrayante, elle écorche et éparpille nos sentiments et nos sensibilités, nos frayeurs et nos espoirs.

Aziz Fares use du verbe comme il sait si bien le faire, mais cette fois-ci avec une différence, il y a de l’émotion et de la fureur dans le texte, dans les textes car tout se suit comme un délire beau et fou, des lieux indéfinis et le temps bien précis, les heures et les matins inscrits comme un journal de survivance, tenu pour se rappeler que tout est discontinu, tout est tordu d’où une tangente impossible, et n’est-ce pas que « s’échapper par la tangente » s’est s’esquiver, se tirer d’affaire adroitement, or, ici nous n’arriverons pas à s’en sortir d’affaire car la douleur est là et les souvenirs aussi, parfois, imposants par le bonheur qu’il procure encore « j’aimerai tellement entendre le son de l’âtre qui crépite de bonheur et les pas aériens des enfants de l’espoir.»

Il ne s’agit pas d’aligner ici des mots qui ne servent qu’à dire, qu’à écrire, c’est plus profond c’est une aptitude de l’esprit d’entrer en contact avec lui-même et c’est cela qui donne à l’écriture un cachet particulier.

Il ne faut pas croire que l’exercice auquel s’est adonné Aziz Fares, celui de l’auto-analyse est réductible, c’est une parfaite « aventure » où tous les tiroirs ont été ouverts, ceux de l’amour, de la rencontre, des espoirs qui nous animent, des incompréhensions aussi. La rumeur, celle qui nous a prise en branle bas au début du texte, nous reprend, non pas désabusé mais repus de mots à la fin et quels mots.

« La Tangente Impossible » de Aziz Farès, Ed, Mille feuilles, Alger,2009

Publié sur le site: http://nassiralettres.over-blog.com/

Chant d’un vieil autochtone

Auteur : Nadia Ghalem

« Pourquoi n’y a-t-il de paix que dans le silence ?

Pourquoi ma révolte tombe-t-elle sur l’indifférence?

Pourquoi sommes-nous si seuls ?

Pourquoi suis-je si vieux ?

Dieux ! J’envie la sérénité de ces espaces infinis où voguent les âmes de mes ancêtres ».

C’est dans un recueil de nouvelles : « L’oiseau de fer »,

Éditions Naaman ,Sherbrooke, 1981

Éxil, recueil de poèmes, à compte d’auteur à tirage limité, 1981

Croissance spirituelle

Auteur : Aziz Fares

Grandir  spirituellement dans un monde régi par le pouvoir et l’influence  de l’argent est une tâche herculéenne.

Les équipements électroniques modernes, les gadgets, la télévision, les magazines et le Web nous ont prédisposés à limiter notre attention aux besoins physiques. Résultat, nos concepts d’estime de soi et de conscience de soi sont brouillés.

Comment pouvons-nous trouver un équilibre entre les aspects matériels et spirituels de notre vie pour grandir spirituellement est regarder à l’intérieur de nous ?

L’introspection va au-delà des souvenirs de ce qui s’est passé en une journée, une semaine ou un mois. Vous avez besoin d’examiner de près et de réfléchir à vos pensées, vos sentiments, vos croyances et vos motivations.

Périodiquement, faites le point de votre expérience, les décisions que vous avez prises, vos relations, les choses que vous vous engagez à faire,  les  informations utiles sur vos objectifs de vie, et les habitudes dont  vous avez mal à vous  défaire.

Tout cela vous donnera des indices sur la façon d’agir, réagir, et venir à bout de n’importe quelle situation. Comme tout, l’introspection peut être apprise ; tout ce qu’il faut, c’est du courage et de la volonté pour chercher et trouver les vérités qui sont en vous.

Soyez objectif, apprenez à vous pardonner, et concentrez-vous sur ce que vous voulez améliorer dans votre vie.

Nous avons tous le potentiel pour grandir spirituellement.

La religion et la science ont des vues divergentes pour tout ce qui concerne l’esprit humain. La religion considère les  êtres spirituels comme vivant temporairement sur Terre, alors que du  point de vue de la science l’esprit est une simple dimension de l’individu.

La maîtrise de soi est un thème récurrent dans les enseignements  du Judaïsme, du Christianisme et de l’Islam . Les besoins de l’organisme sont reconnus, mais placés sous ceux de l’esprit. Les croyances, les valeurs, la morale, les règles, les bonnes actions assurent  la croissance de l’être spirituel.

Maslow a identifié plusieurs besoins: physiologiques, sécurité, appartenance, estime de soi, cognitifs, esthétiques,  et l’élévation de soi. William James ,  auparavant avait classé ces besoins dans trois catégories: matériel, émotionnel et spirituel.

Lorsque vous avez comblés les besoins physiologiques et affectifs, les besoins spirituels ou existentiels se font sentir. La réalisation de chacun d’eux conduit au  développement total de l’individu.

Quelle  différence y a-t-il  entre les religions et la psychologie ?  le christianisme , l’islam et le judaïsme  considèrent que le développement personnel est un moyen en vue de servir Dieu, et pour  la psychologie c’est une fin en soi.

Rechercher le sens.

Les religions qui croient en l’existence de Dieu, comme  le christianisme, le judaïsme et l’Islam supposent  que le but de la vie humaine est de servir le Créateur. Plusieurs théories de la psychologie nous proposent  de donner un sens à notre vie.

Que l’on pense que la vie à un  sens de prédéterminé ou auto dirigé, notre l’esprit doit réaliser que nous sommes nés pour exister. Nous ne connaissons pas le sens de notre vie à la naissance, mais en acquérant des connaissances nous nous dirigeons vers la  sagesse et nous découvrons ce sens.

Il existe certaines croyances et des valeurs que nous rejetons ou acceptons.

Notre vie à un but. Cet objectif met l’ensemble de notre potentiel physique, émotionnel, intellectuel et en action et nous soutient pendant les moments difficiles en nous donnant quelque chose à espérer: un objectif , une destination à atteindre. Une personne sans but perd tout son sens et est comme un navire à la dérive.

Reconnaître les interconnexions.

Les religions insistent  sur la notion de parenté dans toute la création. Ainsi, nous appelons d’autres personnes  « des frères et sœurs», même si il n’y a pas de relations directes de sang. En outre, la Divinité Unique des religions comme le christianisme et l’Islam  et le judaïsme parlent  de la relation entre les humains et un Etre Supérieur. Par ailleurs, la science explique  notre lien avec les autres organismes vivants à travers la théorie de l’évolution. Cette relation est clairement visible dans le concept de l’écologie, de l’interaction entre la vie et non-vivants.

Conscient de votre connexion avec le monde vous rend plus humble et respectueux des personnes, des animaux, des plantes et de  la nature. Cela vous fait apprécier tout ce qui vous entoure et vous fait aller au-delà de votre zone de confort et entrer en contact  avec d’autres personnes.

La croissance est donc un processus qui se développe tous les jours dans notre esprit. Nous gagnons, nous perdons parfois, mais la chose importante est que nous apprenons, et de cette connaissance, la croissance spirituelle est possible.

A lire aussi:   La psychanalyse et le religieux : Freud, Jung, Lacan

Un chant…

Auteur : Mouloud Belabdi

Voici un long poème dicté par l’urgence et la pression du temps au cœur de la violence qui a secoué la société algérienne dans les années quatre-vingt-dix.

Malgré le pessimisme d’une première lecture, ce recueil exprime une forte affirmation de l’espoir; l’espoir que le changement est possible en Algérie comme ailleurs et qu’aucune situation n’est totalement bloquée.

L’auteur, Mouloud Belabdi, nous rappelle en effet que la nuit la plus sombre doit nécessairement céder la place au matin nouveau.

Chant de la mémoire et de la douleur algériennes fait suite à une émission radiophonique qui a obtenu la médaille d’argent en 1994, à Paris, dans le cadre d’un concours de l’Université radiophonique et télévisuelle internationale (URTI) sur le thème de l’Éloge à la tolérance

Mouloud Belabdi est journaliste, auteur, poète, écrivain. D’origine algérienne, il habite à Montréal depuis quelques années et il vient de faire éditer un recueil de poèmes à la Fondation littéraire Fleur de Lys à Montréal.

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Génie Créatif

Auteur : Michael Barrington

Il semble que les gens ont la fausse idée que seul un petit nombre sont en mesure de déclencher un flot régulier de génie créatif.

 

Ce n’est pas vrai du tout. Le fait est que la créativité est comme un muscle qui doit travailler  dans le but de toujours donner de grands résultats. Si vous ne pratiquez pas et n’exploitez pas  l’imagination créatrice, cette compétence va s’atrophier jusqu’à devenir inexistante. Il vous faut donc  vous entrainer pour que cette qualité devienne la votre et plus vite que vous ne le croyez.

Alors! Libérez votre créativité : Osez dire oui à la vie !

La  première chose à faire est de devenir un « homme sangsue ». Non bien sur, nous ne parlons pas de sucer le sang de chaque être vivant ; cela signifie que vous devez avoir le plus de connaissances possible et toujours vouloir apprendre. Lire tout ce qui est disponible, le bon et le moins bon, et garder l’esprit ouvert à l’infini pour découvrir les possibilités cachées de l’univers. Plus vous en saurez, plus vous voudrez savoir, et plus votre faculté d’émerveillement sera exercée. Préparez-vous à être surpris par des évènements  qui mettront de la couleur dans votre vie. 

Tous les jours concentrez-vous sur une activité créatrice. Oui, c’est un effort. Même se bercer est une activité créatrice. Ne pas laisser quoi que ce soit vous entraver. Réfléchir est  une activité créatrice, et pour les gens qui ont entrepris ce travail, il est utile et encourageant d’avoir des preuves concrètes, et de se dire, « hé, ce que je fais devient quelque ». 

Alors, pourquoi ne pas essayer. Pratiquez le dessin quelques minutes chaque jour. Prenez votre caméra vidéo et commencez à filmer et à photographier comme un fou. Tenez un journal et faites vous un point d honneur d’écrire religieusement. Une autre bonne idée est d’écrire en décrivant quelque chose avec vos cinq sens. Essayez d’éviter les vagues d’adjectifs tels que «magnifique», «étonnant» et «délicieux». Avant de vous en rendre compte, vous aurez construit un petit portefeuille de nouvelles  connaissances, et vous serez surpris de la croissance que vous avez entreprise avec  l’accumulation de toutes ces œuvres d’art. Qui sait, vous pourriez effectivement prendre goût à ces choses que vous faites tous les jours. Bientôt, elles  deviendront une partie de vous et vous serez accros à ces exercices créatifs. 

Fixez vous des limites.  Pensez par vous-même. Parfois, les contraintes sont effectivement une bonne chose si vous tenez compte  de vos moyens. Cela vous permet d’être plus ingénieux. La liberté de création a du bon, mais il faut savoir respecter  une certaine discipline. 

Essayez quelque chose de nouveau tous les jours et laisser vos expériences élargir vos perspectives. Découvrez un nouveau quartier près  de chez vous. Passez un après-midi dans un musée où vous n’avez jamais été auparavant. Discutez dans le bus en étant ouvert avec les gens autour de vous. Comme vous l’avez de plus en plus poussé chaque jour hors de sa zone de confort, votre sens de l’aventure se développe et il en est ainsi de votre joie de vivre.

Pensez y!  Quand l’avez fait pour la dernière fois? Si ça cela fait longtemps, je vous le dis, vous avez manqué toute une série d’expériences que vous auriez pu  ajouter à votre croissance, émotionnellement, mentalement, physiquement ou spirituellement. Pourquoi ne pas essayer le saut à l’élastique aujourd’hui? Non seulement vous apprendrez, mais vous aurez aussi beaucoup d’histoires à partager, qui vous permettront de pratiquer vos compétences et de vivre pleinement.

Soyez fou…de la vie ! Une douce et agréable folie.

Chaque pensée créatrice a été une fois considérée  comme de la folie par d’autres personnes «normales» à un moment ou à un autre. Heureusement, cela n’a pas empêché les génies de la création de les défendre. La créativité est essentielle  pour briser les barrières. Oui, cela inclut le Bizarre et le carrément bizarre. Un exemple d’une personnalité créatrice serait James Joyce, qui a écrit «Dubliners», Gens de Dublin avec du jus de coléoptère car il avait une peur intense de l’encre, ou d’Albert Einstein qui croyait que son chat était un espion envoyé par son rival (la pensée créative dans ce cas pourrait se traduire par le terme « archnemesis. ») Il est important que votre créativité ne vous détache pas complètement de la réalité. 

Il faut espérer  que cet article vous a inspiré pour commencer à penser au-delà de vos limites.  Si vous suivez ces étapes, très vite vous vous surprendrez à vivre une vie pleine d’aventures intéressantes.

Libérer votre imagination créatrice c’est ouvrir la porte à une nouvelle joie de vivre.

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