Lorsqu’on observe le comportement des enfants autistes que des thérapeutes s’efforcent de stimuler, d’ amener à communiquer et à sortir de leur « forteresse vide » , on voit que certains progrès peuvent être obtenus grâce à des récompenses .
C’est en observant cela que l’on comprend que l’on pourrait peut-être en faire autant pour renforcer l’estime de soi, chez les jeunes en particulier, leur faire comprendre que tout n’arrive pas tout d’un coup, qu’ils peuvent progresser par étape et être « renforcés » à chaque réussite.
Ça marche avec ceux qui vivent avec un déficit d’attention.
Un devoir réussi peut attirer une sortie ou une attention plus particulière des parents. On fait ainsi la preuve que le progrès s’obtient davantage par la récompense que par la coercition à la manière de B. F. Skinner .
C’est vrai aussi pour les adultes, si l’on a quelque chose de difficile à faire ou une relation compliquée à gérer, on peut anticiper le moment de la récompense pour se donner du courage.
Par exemple, si l’on a réussi une étape au niveau professionnel ou une bonne négociation, ou le rétablissement de la communication avec de la famille ou des amis, on marque le coup par une récompense : bijou, fleurs, parfum, vêtement, si l’on est une femme, achat d’un billet pour un match sportif ou, si l’on en a les moyens, un voyage ou une nouvelle voiture pour les hommes.
Dans un cas comme dans l’autre, ce peut être tout simplement, une rencontre avec des membres de la famille, un ou des amis pour un échange réconfortant et chaleureux.
À ce sujet, il est intéressant de noter que les chercheurs font état de ce qu’ils appellent la horde, la tribu, la famille, qui, durant la préhistoire se composait en moyenne de 7 individus.
Que l’on aime la solitude ou les foules, en réfléchissant bien, on finit toujours par découvrir que l’on a notre « horde » bien à nous.
Il est fréquent de constater chez les dépressifs, la perte de contact avec le minimum vital de relations affectives ou intellectuelles.
Même si l’on ne risque plus d’affronter les mammouths ou autre dangers de ce genre…
Il est toujours intéressant de rester en contact avec ce que j’appelle les affinités électives, en dehors des relations professionnelles ou autres « personnes utiles ».
Nous nous parlons de nos familles, nos goûts artistiques ou culturels, nos croyances, nos valeurs.
Souvent, nos amis sont heureux de nous voir et reprendre les conversations de jadis et nous, nous trouvons récompensés d’avoir osé les accueillir dans notre vie, tout simplement.
Sans être nécessairement actifs, il peut arriver que ce soient les autres qui, après bien des recherches finissent par communiquer avec nous. C’est alors un bain de jouvence de retrouver les fous rires et les confidences de jadis.
Le bonheur, la joie de vivre, c’est aussi cela : s’offrir des détours du côté de la jeunesse, du respect mutuel et de l’affection réciproque.
Pour cela, il faut déjà être comblé par la vie parce que l’on apprécie ses bon coups et l’on sait comptabiliser ses réussites quotidiennes et ses petites joies simples.
Nadia Ghalem est née à Oran
en Algérie. Elle ne connaît pas Oran car elle a toujours voyagé… pour finalement s’installer à Montréal
en 1965. Elle y réside depuis, après une adaptation difficile. Elle se perçoit comme un cocktail d’origines ethniques : Berbère, Arabe, Turque, bref méditerranéennes. Comme chercheure indépendante, elle travaille sur la psychanalyse et l’écriture de même que sur les études post-coloniales. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages: Un jardin dans la guerre : Algérie
, La rose des sables












































