Le voilà, le vingt et unième siècle : celui des hommes machines.
Je les appelle « machinisés ». Ils sont jeunes, plus ou moins trente ans, ils ont devant la bouche un minuscule micro et sur l’Oreille, l’écouteur. De temps en temps, leur regard se fige, ils s’absentent, on sent qu’ils sont en communication avec un collègue, un chef de plateau ou le réalisateur.
Nous sommes en tournage pour un film ou pour une série télévisée, c’est la même chose… Ou presque.
Les techniciens évoluent comme des insectes sur une invisible toile d’araignée, ils n’ont pas droit à l’erreur. Tout le monde est soumis à la minute à l’action, à la seconde et comme dans les peintures en abyme, il y a, à la fois comme un centre névralgique et un reflet, les acteurs.
Ce qui est remarquable, c’est que, comme à la NASA , chacun travaille au mieux de ses compétences, chacun est meilleur que lui-même, pas de compétition, ni d’empiètement.
Le jumelage des humains avec la technologie amène une vraie révolution comme à l’époque de l’industrialisation, lorsque les machines ont pu soulager les humains de la peine d’utiliser la force musculaire, voilà que les nouvelles technologies permettent au cerveau humain d’avoir des « prolongements » visuels, auditifs et surtout opérationnels comme ces arborescences qui permettent de refléter les opérations de l’intelligence qu’elle soit féminine masculine ou d’origines diverses, en l’amplifiant, la rendant plus performante.
C’est ce que devraient comprendre les sociétés qui briment les femmes ou les minorités, se privant ainsi d’un capital d’évolution et de production absolument extraordinaire.
Entre le calculi, la tablette d’argile du musée de Bagdad et nos ordinateurs, micros, caméras et autres machines électro techniques, il y a peut-être des milliers d’années mais surtout l’invention de l’électricité et la mondialisation de la communication qui a fait de nous des acteurs ou des techniciens sur l’immense toile de la communication planétaire dont le scénario nous échappe encore.
Mais, silence, on tourne le film de notre avenir. Les machines seront ce que nous en ferons.
Je rêve pour ma part de l’utilisation de la force du vent et de l’énergie solaire port sortir des régions et populations défavorisées de leur isolement par l’instauration de centres de production et création technologiques.
On peut rêver que cette mondialisation de la communication ne laissera personne dans l’isolement, malgré les murs que les humains érigent entre eux :
Voici ce que chantait jadis la grande musicienne et chanteuse Algérienne, Fadéla edziriya :
« Anaya barrani eghrib la mensal a3liya, nebki elmsa ma3a ellil ou edm3a mejriya. »
(Je suis étrangère, exilée, personne ne s’intéresse à moi. Je pleure nuit et jour , les lames s’écoulent)[1]
La culture Algérienne est émaillée de chants nostalgiques de l’éloignement, la séparation à cause de la géographie, les fractures sociologiques.
Ainsi certains Chaouias disent : « Nous sommes des sans papiers dans notre propre pays », et ils lancent dans leurs montagnes ces merveilleuses notes du chant de gorge et de cette trompette à la sonorité voilée, la ghaïta.
Il y a aussi les enfants de l’Ouest et d’Oran qu’interpelle la chanson d’Ahmed Wahbi[2] :
Ya elli mâchi lîha ghâdi
Wassi yatt’hallou fi blâdi
Ya elli mâchi lîha ghâdi
Wassi yatt’hallou fi blâdi
Toi qui va là-bas, recommande qu’on prenne soin de ma ville, toi qui va là-bas, recommande qu’on en prenne soin.
Le futur, comme on le voit se présente sous d’autres hospices ; grâce aux nouvelles technologies de communications nous serons moins douloureusement étrangers les uns aux autres et aux pays qui nous ont donné le jour.
Nous serons comme les neurones de cet immense cerveau qu’est la planète
Terre.
Vous est-il jamais arrivé, bien installé dans la fabuleuse beauté du village de Sidi Bou Saïd en Tunisie de rêver à un jumelage avec la Casbah , ce nid de la mémoire de l’Algérie et Sidi Bou Médienne, des Joyaux sur Méditerranée pour le rêve et la beauté et pour que nous ne soyons plus jamais des étrangers.
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[1] Fadhéla Dziria (1917-1970) – Grande cantatrice.
Née le 25 juin 1917 à Djenan Beït El Mel du côté de Notre Dame d’Afrique, à Alger, dans une famille conservatrice, Fadhéla Dziria, de son vrai nom Fadhéla Madani, est l’une des figures les plus marquantes de la chanson traditionnelle citadine dite Hawzi.
[2] Ahmed Wahbi, de son vrai nom Ahmed Driche, est un chanteur algérien et l’un des fondateurs avec Blaoui Houari du style musical El Asri, un genre influencé par la musique arabe et les rythmes et le langage poétique oranais. Né à Marseille en 1921 décédé à Alger en 1993












































